Un bonheur insoutenable

Un bonheur insoutenable m’a marquée par la force de sa vision dystopique. Écrit dans les années 1970, le roman de Ira Levin s’inscrit dans la tradition des grandes dystopies comme 1984 d’Orwell ou Le Meilleur des mondes de Huxley, tout en développant une réflexion singulière sur le contrôle et la liberté.
Dans cet univers gouverné par un ordinateur omnipotent, les émotions sont régulées et les individus uniformisés afin de garantir une société sans maladie ni famine. Pourtant, ce bonheur artificiel et permanent finit par devenir étouffant. C’est précisément cette inversion des valeurs — un monde parfait qui inquiète plus qu’il ne rassure — qui rend le roman si percutant.
Le personnage de Copeau, incapable de se satisfaire de cette existence programmée, incarne le réveil progressif de l’esprit critique. Son parcours met en lumière les dérives d’une société où le libre arbitre est sacrifié au nom du bien-être collectif. L’écriture de Levin, volontairement sobre et efficace, renforce l’impact de cette fable politique.
Ce roman laisse une impression durable et dérangeante, en posant une question essentielle : un bonheur sans liberté peut-il encore être désirable ?

Merci à notre poète écrivain préféré