Les délices de Tokyo

Un petit bijou !
Ne vous attendez pas à des scènes d’action époustouflantes dans ce livre. Il est exactement l’antithèse d’un thriller agité et violent.
Il met en scène trois personnages : Sentarō le patron de la boutique, homme qui ne trouve pas sens à sa vie mais continue à confectionner des dorayaki pour arriver à rembourser sa dette envers la propriétaire, Tokue une dame de 76 ans experte en pâte de haricots rouges et Wanaka, une jeune lycéenne qui se lie d’amitié avec Tokue.
Le livre se déguste à petites dents, comme les gâteaux de Sentarō.
Alors que les ventes sont au plus bas, il va embaucher Tokue pour l’assister, une dame de 76 ans qui maîtrise depuis 50 ans l’art de la pâte des haricots rouges. Grâce à elle et à l’exceptionnelle qualité des dorayaki, la clientèle revient. Jusqu’au jour où son handicap repousse certains clients qui vont alors faire courir une rumeur sur sa maladie, ce qui la contraint à partir de la boutique.
Dans ce livre, tout est dans la subtilité, les équilibres. Une délicate légèreté à l’instar des pétales du cerisier qui jouxte la boutique et marque les saisons.
L’attention de Tokue pour ses haricots est une métaphore de la vie. Elle est à l’écoute de ses haricots comme tous les humains devraient être à l’écoute de leur environnement, du vivant qui les entoure.
Tokue à eu une terrible maladie dans son enfance dont elle porte les stigmates. Maladie qui imposait par la loi de vivre recluse dans un sanatorium. Malgré sa guérison depuis 40 ans, les préjugés, les peurs perdurent dans la société japonaise et elle subit la défiance et la discrimination.
Les Délices de Tokyo cultive l’amour des petits riens. Pas de grandes démonstrations moralisatrices mais, au fil des pages, une véritable leçon de vie.
Sentarō et Wanaka seront transformés par leur rencontre avec Tokue. L’auteur nous mène avec douceur et poésie au creux de l’émotion des personnages.
Venez goûter ces délicieux dorayaki et laissez vous emporter !
