Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyses

Intellectuellement déficient, Charlie Gordon, jeune homme de 32 ans, travaille dans une boulangerie où il est le souffre douleur, sujet des moqueries de la part de ses collègues. Mais il ne perçoit pas leur méchanceté et se sent entouré d’amis. On pourrait le qualifier « d’imbécile heureux ».
Il va être choisi pour subir une intervention du cerveau qui pourrait le rendre « intelligent ». Il est le premier cobaye humain après les expériences effectuées sur la souris Algernon pour laquelle l’intelligence a été décuplée.
Le roman, écrit dans un style épistolaire, nous invite à suivre Charlie dans son évolution au travers des comptes rendus qu’il rédige. Au fil des semaines, les fautes d’orthographe et de grammaire de ses écrits sont moins nombreuses, les erreurs de syntaxe disparaissent, la réflexion est de en plus poussée. Charlie s’envole vers son apogée. Il dépasse ses maîtres par son intelligence fulgurante. Il s’attache à documenter scientifiquement le processus qu’il est en train de vivre, conscient d’une dégradation probable et prochaine de ses facultés intellectuelles et cognitives à l’image de la souris Algernon.
Mais ses capacités relationnelles et émotionnelles n’ont pas vraiment suivi sa fulgurante évolution intellectuelle. Le Charlie sans intelligence a été repoussé par sa mère et la présence de cette dernière hante le Charlie devenu brillant.
Charlie prend conscience avec honte de ce qu’il était et de ce qu’était regard des autres. Il me touche infiniment par son profond besoin de montrer à sa mère qu’il est devenu un homme intelligent et même reconnu. L’intelligence, la connaissance ne font pas tout et Charlie peine à gérer son émotionnel, tant vis à vis de sa mère, que d’Alice, la femme dont il est tombé amoureux.

Le livre interroge notre regard sur le handicap, sur notre rapport aux autres, sur l’émancipation personnelle. Je trouve ce roman empreint de beaucoup d’humanité, sans jamais verser dans le pathos. Charlie est un personnage attachant, perdu dans la solitude que peut ressentir un être hors du commun, que ce soit dans le déficit mental ou dans l’intelligence hors norme.

Ce roman a été publié en 1966. Un film en a été tiré en 1968 sous le titre « Charly » réalisé par Ralph Nelson

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